Cahier des Doléances Réunies du Bailliage de Caen et de ses quatre Bailliages Secondaires, Bayeux, Falaise, Choigny et Vire.
Annotated and Edited by Allie Thomas
Introduction
This Cahier des Doléances was written by French citizens in the Third Estate in the bailiwick of Caen, a town in the north of France. Cahiers des Doléances were created by local assemblies in preparation for meetings of the Estates General. Small localities called parishes would draft a list of their grievances, which would then be taken to an assembly of all the parishes in a bailiwick. There, the lists of grievances would be compiled into one large list that would be presented by a deputy at the Estates General, with the goal of ameliorating these issues through law.
This Cahier des Doléances was written for the Estates General of 1789. It had been over a century since the last meeting of the Estates General when Louis XVI called together the parliament at a time of great turmoil in France. The country was saddled with debt after supporting the American Revolutionary War, while poverty and food shortages made life for everyday French citizens difficult. The deputies came to this gathering of the Estates General with lists of grievances that called for sweeping changes to the governance of their country, from religion to taxation to the system of governance. This is the context in which this Cahier des Doléances was written.
While transcribing this text, I wanted to focus on maintaining the ideas as they were at the time of writing. The specific grievances of the people of France at such a crucial turning point in the nationâs history should be conveyed as they intended. In that vein, I refrained from making any large changes to the language of the text. The only changes made were modernizations of spelling and the addition of accents, both done to increase clarity for the reader.
Cahier des Doléances Réunies du Bailliage de Caen et de ses quatre Bailliages Secondaires, Bayeux, Falaise, Choigny et Vire.
Le Premier vĆu de LâAssemblĂ©e est de prĂ©senter au Roi[1] son amour et sa fidĂ©litĂ© et de lui tĂ©moigner la respectueuse reconnaissance dont elle est pĂ©nĂ©trĂ©e pour le Bonheur quelle prĂ©pare Ă la nation en lâappelant auprĂšs de sa Personne sacrĂ©e.
Art. 1
Les dĂ©putĂ©s voteront pour quâil soit reconnu la nation assemblĂ©e que la France est un Ă©tat gouvernĂ© par un Roi sous lâautoritĂ© de la loi consentie par les Ă©tats gĂ©nĂ©raux[2], et que chaque dĂ©putĂ© Ă ces Ă©tats et Ă toutes assemblĂ©es qui en sont Ă©lĂ©mentaires ou qui en Ă©manent est le reprĂ©sentant libre dâun peuple libre dont le consentement ne peut ĂȘtre forcĂ© par aucune puissance.
Art. 2
Quâil y soit arrĂȘtĂ© que toute loi sera librement consentie par les Ă©tats gĂ©nĂ©raux, publiĂ©e eux sĂ©nats et ensuite envoyĂ©e dans les cours de parlement qui en seront les dĂ©positaires et tenus de les faire exĂ©cuter.
Art. 3
Que le retour pĂ©riodique de ces Ă©tats aura lieu de cinq ans en cinq ans, mĂȘme plutĂŽt pour la seconde tenue et par la suite dans le cas dâurgente nĂ©cessitĂ© sur la demande des provinces.
Art. 4
Que toute convocation des états généraux soit toujours précédée d'élections libres.
Art. 5
Que lâorganisation actuelle des Ă©tats gĂ©nĂ©raux sera consentie par la nation et fonctionnĂ©e par le Roi, comme loi constitutionnelle, relativement à la reprĂ©sentation du tiers Ă©tat[3] pour moitiĂ© et que chaque ordre y sera reprĂ©sentĂ© par ses membres.
Art. 6
Que le vĆu le plus gĂ©nĂ©ral est que les dĂ©libĂ©rations y soient prises par tĂȘtes, que cependant si lâordre du tiers Ă©tat y trouvait des inconvĂ©nients quâon ne peut prĂ©voir, les dĂ©putĂ©s sont autorisĂ©s dâarrĂȘter avec lâordre entier tous les cas oĂč les dĂ©libĂ©rations par tĂȘte doivent avoir lieu pour son avantage et aux oĂč il est plus de son intĂ©rĂȘt de dĂ©libĂ©rer par ordre.
Art. 7
Que les Ă©tats provinciaux seront Ă©tablis dans les provinces qui en avaient; que ces mĂȘmes Ă©tats seront Ă©tablis dans celles qui n'en ont point et que leur tenue sera fixĂ©e dans les villes qui sont au centre de chaque province.
Art. 8
Que le Roi Ă©tant le protecteur de toutes les propriĂ©tĂ©s et de tous ses sujets individuellement, il ne puisse ĂȘtre dorĂ©navant portĂ© atteinte aux droits de propriĂ©tĂ© ni Ă la libertĂ© personnelle et que la loi seule exerce son emprise comme ses les personnes.Â
Art. 9
Que consĂ©quemment Ă ces principes, les dĂ©nonciations dans les cours par un de messieurs, ainsi que les Veniat soient proscrits, et quâil ne soit dâailleurs jamais permis aux Gouverneurs ou Commandes dans provinces et places, de faire arrĂȘter un Domicile sinon pour le service militaire.
Art. 10
Comme il est intĂ©ressant pour le bonheur de la sociĂ©tĂ© de contenir le Citoyen qui en troublerait lâharmonie, quâil soit demandĂ© aux Ă©tats que ceux qui se trouveraient dans ce cas en soient sĂ©grĂ©gĂ©s pour un temps dĂ©terminĂ© sur lâordre provisoire de la commission intermĂ©diaire des Ă©tats provinciaux, sur les demande unanime et motivĂ©e de la famille au nombre de douze parents rĂ©ussir Ă la municipalitĂ©, que le lieu de la dĂ©tention soit connu et nâoffre rien de lâhonneur des prisons destinĂ©es aux grands criminels et que le moment de la libertĂ© du dĂ©tenu soit dĂ©terminĂ© dĂšs que la connaissance dâun repentir sincĂšre lâaura rendu digne dâĂȘtre restituĂ© Ă son Ă©tat, en observant toujours que les grands crimes ne puissent ĂȘtre soustraits Ă la peine prononcĂ© par la loi.
Art. 11
Que dans la punition des crimes, la peine soit toujours proportionnĂ©e au dĂ©lit, que par le jugement mĂȘme tout condamnĂ© soit dĂ©gradĂ© du titre de citoyen, que les confiscations soient abrogĂ©s, que les parents du condamnĂ© soient admis Ă remplir tous emplois publier.
Art. 12
Que le tirage des milices intĂ©ressant la libertĂ© nationale soit aboli, quâil soit remplacĂ© par des enrĂŽlements volontaires dans chaque province, proportionnellement au nombre dâhommes quâelle soit fournie et que les frais de ces enrĂŽlements soient rĂ©unir aux subsides gĂ©nĂ©raux, quâen fin la correction militaire nâavilisse le soldat en aucun cas et quâil soit pourvu Ă la retraite aprĂšs un long service.
Art. 13
Ques les hommes enroulĂ©s dans la milice garde cĂŽte ne soient appelĂ©s Ă passer dans une autre province, que de leur libre consentement, que le tirage ordonnĂ© depuis peu dâannĂ©es dans les paroisses sujettes à la garde cĂŽte pour fournir des canonniers auxiliaires Ă la marine, soit dĂ©clarĂ© abusif et ne puisse ĂȘtre renouvelĂ©.
Art. 14
Que sa majestĂ© soit suppliĂ©e de retirer cette dĂ©cision si dĂ©courageante pour la plus grande partie de ses sujets, quâelle exclut de son service de terre et de mer, et de faire rĂ©former les dĂ©cisions abusives et contradictoires des cours supĂ©rieures qui veulent exiger des preuves de noblesse pour ĂȘtre admis à se plier des charges qui la donnent, quâen consĂ©quence tout citoyen français soit restituĂ© et maintenu dans le droit dâoccuper tous emplois et dignitĂ©s, ecclĂ©siastiques, civiles et militaires.
Art. 15
Que nul citoyen ne puisse ĂȘtre distrait de la juridiction naturelle sous quelque prĂ©texte que ce soit, pourquoi demander lâabolition de toutes Commissions, droits de Committimus et autres privilĂšges.
Art. 16
Que la liberté de la presse soit établie avec les modifications que le roi et les états généraux jugeront nécessaires pour en prévenir les abus.
Art. 17
Que le secret des postes et leur sûreté sous la foi publique et que ce dépÎt ne soit jamais violé comme droit imprescriptible de la nature et des gens.
Art. 18
Que l'ordonnance des Ă©tats d'OrlĂ©ans[4] pour le fait des vĆux monastiques soit remise au vigueur dans quâil puisse y ĂȘtre innovĂ©. Â
Art. 19
Quâen dĂ©rogeant Ă la disposition de la Coutume de Normandie[5] qui fixe la majoritĂ© Ă vingt ans le Roi soit suppliĂ© de donner une loi gĂ©nĂ©rale qui la fixe Ă Â vingt cinq ans pour vendre, aliĂ©ner, hypothĂ©quer les immeubles Ă peine de nullitĂ© des contrats et qui conserve aux mineurs ĂągĂ©s de vingt ans la libre disposition de leurs meubles et la jouissance de leur revenu.
Art. 20
Quâen fendant Ă la religion Catholique le culte public qui lui appartient dans le Royaume, sa MajestĂ© soit Ă©galement suppliĂ©e de perfectionner la loi promulguĂ©e au mois de novembre 1787[6] en faveur des ses sujets non catholiques.
Art. 21
Quâil ne soit rien innovĂ© au titres ni à la valeur des monnaies ni publiĂ© au en ne loi Ă cet Ă©gard sans le consentement des Ă©tats gĂ©nĂ©raux.
Bibliography
âCahier des dolĂ©ances du Tiers-Etat du grand bailliage de Caen et des bailliages secondaires.â Les Archives du Calvados, 1789, Caen. https://archives.calvados.fr/ark:/52329/7dlskr3z2nh5/b22f9782-0a20-45b6-9110-df102af19fb0. Accessed 27 Nov. 2023.
âEdict of Toleration, November 1787.â LIBERTY, EQUALITY, FRATERNITY: EXPLORING THE FRENCH REVOLUTION,  Roy Rosenzweig Center for History and New Media and American Social History Project, https://revolution.chnm.org/d/276. Accessed 11 Dec. 2023.
Loyseau, Charles. âA Treatise on Orders.â The Old Regime and the French Revolution, edited by Keith Michael Baker, The University of Chicago Press, 1987, pp. 13-14.
Major, J. Russell. âThe Third Estate in the Estates General of Pontoise, 1561.â Speculum, vol. 29, no. 2, 1954, pp. 460â76. JSTOR, https://doi.org/10.2307/2853962. Accessed 11 Dec. 2023.
Pelz, William A. âThe Rise of the Third Estate: The French People Revolt.â A Peopleâs History of Modern Europe, Pluto Press, 2016, pp. 40â51. JSTOR, http://www.jstor.org/stable/j.ctt1c2crfj.8. Accessed 11 Dec. 2023.
Ulph, Owen. âThe Mandate System and Representation to the Estates General under the Old Regime.â The Journal of Modern History, vol. 23, no. 3, 1951, pp. 225â31. JSTOR, http://www.jstor.org/stable/1872705. Accessed 27 Nov. 2023.
[1] The King at the time was Louis XVI, who called the meeting of the Estates General in 1789 for which this cahier was written. During this Estates General, the Third Estate declared that it would become the National Assembly, in an attempt to create a new national parliament where all the power was not in the hands of the clergy and the nobility. Louis XVI eventually recognized the authority of the National Assembly, a move that put into motion the chain of events that would lead to his eventual trial and execution during the French Revolution (Pelz 43).
[2]Â The Estates General was a parliamentary body in the Old Regime of France, consisting of the three groupings of French society; the clergy, the nobility, and the remainder of French citizens (called the Third Estate). Each estate was granted one vote. Thus, despite representing over 90% of the population, the Third Estate could be outvoted by the clergy and the nobility on any matter (Pelz 43).
[3]Â The Third Estate made up the vast majority of the French population. While the other two estates consisted of very specific groups (the clergy and the nobility), the Third Estate was incredibly broad, encompassing anyone not in the aforementioned estates. At the time, the three estates were viewed as a way to maintain order in society. If each person knows their place in the hierarchy created by such a system, harmony will follow (Loyseau 114).
[4] This is a reference to a previous Estates General held in Orléans in 1560. A meeting of the Estates General was not a common occurrence, with the meeting in Orléans being the first since 1484 (Major 462).
[5] While the Estates General was a national body, the representatives from each bailiwick did not operate as though they were national representatives. Instead, their purpose was to present the cahier des doléances from their specific bailiwick. This meant that the cahiers would often be very regionally specific, as can be seen through the mention of specific customs from Normandy, the region this cahier comes from. In fact, deputies were mandated to focus on the specific grievances in the cahier they brought. They had no authority to broach any other issue while gathered, which somewhat limited the effectiveness of the Estates General as a national governing body (Ulph 225).
[6]Â This is a reference to the Edict of Toleration, issued in November of 1787 by King Louis XVI. The edict gave Calvinists, a branch of Protestantism, the right to worship in France, but few other rights. Calvinists in France had been persecuted since the creation of the religion. The issuance of the Edict of Nantes in 1598 marked the first time they were allowed to worship in public, although it was reversed in 1685 (âEdict of Tolerationâ).